Le 20 francs or Napoléon

Le 20 francs or Napoléon

Le 20 francs or, surnommé « Napoléon », est la pièce d’or la plus connue et la plus liquide du marché français. Pour qui débute en or d’investissement, c’est la référence absolue : facile à trouver, facile à revendre, au cours suivi quotidiennement, et disponible en assez d’exemplaires pour que le marché soit profond et transparent.

En résumé pour les pressés : 6,4516 g, titre 900 ‰, soit 5,806 g d’or fin, 21 mm de diamètre. De nombreux types frappés entre 1803 et 1914 (Napoléon, Cérès, Génie, Coq), souvent à des dizaines de millions d’exemplaires, d’où une prime généralement modérée pour les millésimes courants.

Caractéristiques techniques

CaractéristiqueValeur
Poids total6,4516 g
Titre900 ‰ (90 % d’or)
Or fin5,806 g
Diamètre21 mm
Épaisseurenviron 1,3 mm
Tranchestriée ou inscrite selon le type

D’où vient le nom « Napoléon »

Le 20 francs or naît avec le franc germinal, sous le Consulat puis l’Empire. Les premières pièces portent l’effigie de Bonaparte, d’abord « Premier Consul » puis « Empereur ». Le surnom « Napoléon » est resté dans le langage courant pour désigner toutes les pièces de 20 francs or, même celles, républicaines, frappées bien après la chute de l’Empire. C’est une métonymie commode : aujourd’hui, demander « un Napoléon » chez un négociant, c’est demander un 20 francs or, quel que soit son type exact.

Les types de la période impériale

Sous Napoléon Ier, on distingue les types Premier Consul, Empereur tête nue et Empereur tête laurée, ainsi que des frappes des Cent-Jours en 1815. Sous le Second Empire, Napoléon III apparaît d’abord tête nue (1853-1860), puis tête laurée (1861-1870), parfois accompagné de la mention « EMPEREUR » et du blason impérial au revers. Ces pièces impériales sont très collectionnées, et certaines variantes ou millésimes rares dépassent nettement la valeur métal.

Les types de la période républicaine

La République a elle aussi frappé des 20 francs or. Le type Génie (un génie ailé gravant le mot « Constitution »), hérité de la Convention, est repris sous la IIᵉ puis la IIIᵉ République. Le type Cérès, à l’effigie de la déesse des moissons, illustre la tradition allégorique française. Mais le type le plus emblématique reste le Coq.

Le Coq de Chaplain (1899-1914)

Gravé par Jules-Clément Chaplain, le 20 francs Coq présente une Marianne au droit et un coq gaulois au revers, avec la devise « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Sur la tranche figure « DIEU PROTÈGE LA FRANCE ». Frappé de 1899 à 1914, c’est le 20 francs or le plus répandu et le plus demandé pour l’investissement aujourd’hui. Son esthétique, sa diffusion massive et sa reconnaissance immédiate en font la pièce d’or française par excellence.

Le cas des refrappes

Un point essentiel pour l’investisseur : une part importante des 20 francs Coq en circulation sont des refrappes, c’est-à-dire des pièces frappées après leur millésime affiché, à partir des coins d’origine, pour répondre à la demande d’or d’investissement. Elles portent souvent des dates comme 1907 à 1914 mais ont été produites plus tard. Ces refrappes contiennent rigoureusement la même quantité d’or et ont la même valeur d’investissement ; elles ne doivent pas être confondues avec des contrefaçons. Pour le collectionneur en revanche, une frappe d’origine d’un millésime rare a davantage de valeur qu’une refrappe.

Ateliers et millésimes

La lettre d’atelier (A pour Paris dans la grande majorité des cas) et le millésime déterminent la rareté. La plupart des 20 francs sont « communs » et se négocient sur la base du métal ; mais certains millésimes à faible tirage, ou certains ateliers secondaires, sont recherchés et se vendent avec une prime numismatique parfois importante. D’où l’intérêt de toujours relever atelier et millésime avant d’évaluer une pièce, plutôt que de la traiter d’emblée comme un simple « Napoléon courant ».

Pourquoi c’est la pièce de référence

Sa diffusion massive en fait une valeur d’échange quasi universelle en France : on la trouve facilement, son cours est suivi chaque jour, et l’écart entre prix d’achat et prix de revente reste contenu pour les millésimes courants. C’est la pièce idéale pour qui veut détenir de l’or physique sous une forme reconnue, fractionnable et facile à revendre partout. Sa petite taille permet aussi de constituer un patrimoine en or de façon progressive, pièce après pièce.

Calculer la valeur métal

La base incompressible d’un 20 francs est sa valeur métal : 5,806 g d’or fin multipliés par le cours du gramme d’or du jour. C’est le plancher en dessous duquel une pièce ne devrait jamais se vendre. À ce montant s’ajoute la prime, variable selon l’offre et la demande. Calculer soi-même cette valeur avant toute transaction est le meilleur moyen de juger une offre — notre guide d’estimation détaille la méthode pas à pas.

Vérifier l’authenticité

Un 20 francs authentique respecte strictement le poids (6,4516 g) et le diamètre (21 mm), et son relief est net et bien frappé. Un poids inférieur, un diamètre hors tolérance, un aspect « gras », une couleur trop rouge ou trop jaune, ou un son sourd au test acoustique doivent alerter. Les faux les plus courants sont des pièces fourrées (âme d’un métal moins noble plaqué or) : elles trahissent presque toujours un écart de poids. En cas de doute, une vérification par un professionnel équipé (balance de précision, mesure, test de conductivité non destructif) lève l’ambiguïté.

Comment se forme le prix d’un Napoléon au quotidien

Le prix auquel s’échange un 20 francs résulte de deux composantes mouvantes. D’un côté, la valeur métal : 5,806 g d’or fin multipliés par le cours du gramme d’or du jour, lui-même issu du cours international de l’once. De l’autre, la prime : l’écart, en pourcentage, que le marché ajoute à cette valeur métal. La prime du Napoléon est l’une des plus faibles et des plus stables qui soient, justement parce que la pièce est abondante et universellement reconnue. En période d’incertitude économique, la demande d’or physique augmente, les pièces se font plus rares chez les négociants, et la prime monte ; en période calme, elle se détend. Suivre cette prime au fil du temps permet d’acheter ou de vendre au bon moment.

Le 20 francs comme épargne de précaution

Au-delà de l’investissement spéculatif, beaucoup de Français détiennent des Napoléon comme une épargne de précaution tangible. La logique est simple : une pièce d’or universellement reconnue, facile à cacher, à transporter et à revendre, qui ne dépend d’aucun établissement financier. Sa petite taille permet de constituer ce matelas progressivement, pièce après pièce, et de le mobiliser par fractions en cas de besoin, sans avoir à liquider un gros lingot d’un seul tenant. C’est cette souplesse, autant que la valeur de l’or, qui explique l’attachement durable des épargnants au Napoléon.

Neuf, ancien ou refrappe : que choisir ?

Pour un objectif d’investissement, la distinction entre une frappe d’origine et une refrappe importe peu : les deux contiennent exactement 5,806 g d’or fin et se valent au métal. On privilégie alors la pièce à la plus faible prime, quel que soit son millésime affiché. Pour un objectif de collection, en revanche, on recherchera une frappe d’origine d’un millésime précis, dans le meilleur état possible, quitte à payer une prime numismatique. Définir son objectif — placer de l’or ou collectionner — est donc la première décision à prendre, car elle oriente tout le reste de l’achat.

Conserver ses 20 francs or

L’or ne s’oxyde pas, mais une pièce se raye et se choque facilement, ce qui altère son état de conservation et, pour les pièces de collection, sa valeur. Conservez vos Napoléon dans des capsules ou des pochettes neutres, sans PVC, à l’abri des manipulations répétées. Ne les nettoyez jamais : une pièce astiquée perd sa patine et déçoit à la revente. Manipulez-les par la tranche, sans toucher les faces. Ces précautions simples préservent à la fois l’aspect et la valeur.

Rappel fiscal à la revente

En France, la revente de pièces d’or relève d’une fiscalité spécifique : taxe forfaitaire sur le prix de vente par défaut, ou régime de la plus-value sur option, avec justificatif d’achat et abattement par année de détention. D’où l’importance de conserver ses factures nominatives. Pour le détail et les arbitrages, voir notre page fiscalité de la revente d’or. (Cette information n’est pas un conseil fiscal ; les taux évoluent.)

Les erreurs fréquentes à éviter

Avant d’acheter ou de vendre, calculez toujours la valeur métal (5,806 g × cours de l’or fin du jour) puis comparez à la prime demandée. Pour une estimation ou un rachat, des spécialistes comme Maison Or & Bijoux à Cannes évaluent la pièce et proposent un prix ferme.

Questions fréquentes

Combien d’or contient un 20 francs Napoléon ?

Une pièce de 6,4516 g au titre de 900 millièmes contient 5,806 g d’or fin.

Tous les 20 francs or sont-ils des « Napoléon » ?

Par habitude, on appelle « Napoléon » tous les 20 francs or, mais il existe aussi les types Cérès, Génie et Coq de la République, à la même valeur faciale.

Comment vérifier qu’un 20 francs est authentique ?

En contrôlant le poids (6,4516 g), le diamètre (21 mm) et la netteté du relief. Un écart sur le poids ou le diamètre doit faire suspecter une contrefaçon.